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French Section ( 26 Jun 2013, NewAgeIslam.Com)

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La Liberté Religieuse Est Indivisible: Les Musulmans Devraient Aussi La Chercher Dans Les Sociétés Islamiques


De Sultan Shahin, Rédacteur-en-chef, New Age Islam

06.  02. 2010

L'interdiction des minarets en Suisse a un écho en Inde. Abdul Sami Bubere de la Société Culturelle Sahyog basée à Mumbai aurait déclaré: “La décision extrêmement provocatrice porte atteinte à la liberté de religion et au principe de co-existence”. Le référendum est semblable à la tyrannie de la majorité. Il ne fera qu'encourager l'intégrisme. L'interdiction devrait être levée immédiatement car elle servirait l'objectif des djihadistes qui n'interprètent pas correctement l'Islam ».

Bien que je n'utiliserais pas des termes si forts, je suis entièrement d'accord avec les sentiments et les pensées exprimées dans l'opinion ci-dessus. L'analyse que « cela ne fera qu'encourager le fondamentalisme» est également correcte. Cela se passe réellement. Les fondamentalistes profitent de la situation créée par l'interdiction des minarets en Suisse ainsi que l'interdiction française de la burqa (voile). Mais la question qui vient à mon esprit est la suivante : comment se fait-il que nous nous agitions seulement lorsque notre propre liberté religieuse est en jeu dans des sociétés non musulmanes. Nous ne sommes pas inquiets quand la liberté religieuse est interdite aux musulmans eux-mêmes, sans parler des non-musulmans, dans les sociétés islamiques.

Nous avons été autorisés à nous défendre avec des armes (une forme de djihad, quoique sous une forme moindre) parce que si nous n'avions pas fait cela, les gens n'auraient peut être pas été en mesure de prier dans les temples, monastères, églises, synagogues, etc, tous ces lieux de culte où Dieu est adoré et les louanges de Dieu sont chantées.

Le célèbre savant pakistanais Javed Ahmad Ghamidi écrit: «Le Coran affirme que si l'usage de la force n'avait pas été autorisé dans de tels cas, la perturbation et le désordre causés par les nations rebelles auraient pu rendre les lieux de culte - où le Tout-Puissant demeure constamment dans le souvenir - déserts et abandonnés, sans parler de la désorganisation de la société elle-même:

ولولا دفع الله الناس بعضهم ببعض لهدمت صوامع وبيع وصلوات ومساجد يذكر فيها اسم الله كثيرا (40:22)

« Si Allah ne repoussait pas les gens les uns par les autres, les ermitages seraient démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom d'Allah est beaucoup invoqué. Allah soutient, certes, ceux qui soutiennent (Sa Religion). Allah est assurément Fort et Puissant » (22.40)

Apparemment, il nous a été permis de pratiquer une forme inférieure du Jihad, le Qital, qui consiste à se battre, afin que nous puissions garantir le droit humain de chaque individu de chanter librement les louanges de Dieu dans tout type de lieu de culte qu'il aime, qu'il s'agisse d'un monastère, un temple, une église, une synagogue ou une mosquée. Mais comment se fait-il que nous nous préoccupions seulement de ces choses là lorsqu'il s'agit d'une question relative à une mosquée et ne nous soucions pas de la question si les États, en particulier musulmans et les Etats islamiques avoués, ne permettent pas les temples, monastères, églises et synagogues de fonctionner normalement ou empêchent les non-musulmans de chanter leurs louages de la manière dont ils le souhaitent.

Pas uniquement cela. Nous avons des chercheurs qui affirment que, bien que les non-musulmans ont une parfaite liberté de pratiquer leur religion dans un Etat islamique, (même si en pratique, cette liberté ne leur est pour la plupart du temps pas permise), les musulmans n'ont pas cette liberté. Une fois né d'un parent musulman, vous êtes destinés à jamais à être musulman ou autre. Eh bien, votre gorge sera tranchée et pas moins que cela. En effet, il existe des oulémas (savants de l'Islam)  "vénérés" dans diverses écoles de pensée qui disent que si quelqu'un est vu n'assistant pas à la prière du vendredi, sa gorge sera tranchée.

Essayez ce qui suit:

 

Ceux qui ne vont pas à la prière du vendredi "devraient simplement être tués. Tranchez leur la gorge» : Deoband   

«Une personne qui admire Hazrat Maulana Rashid Gangohi, le chercheur exceptionnel qui fut l'un des fondateurs de la madrasa de Deoband. Le monsieur dont je parle est une bonne âme, qui peut compter sur l'aide des autres. Toutefois, lorsque dans le cours de la conversation, j'eus l'occasion de faire remarquer que la vertu la plus fondamentale réside dans la bonté envers les autres, il m'a contredit. La bonté, prétendit-il, était réservée aux «musulmans pieux et pratiquants». Quant aux autres, il faut leur donner une chance de guérir, après quoi «ils seraient Wajibul Qatal (susceptibles d'être tués)». Une autre personne que j'ai eu la chance de rencontrer - un homme dans la finance, rien de moins - pense que les gens qui ne fréquentent pas les prières du vendredi « devraient simplement être tuées. Leur couper la gorge! »

«Maintenant, ce genre de férocité sanguinaire verbale est très différente de celle des traditions de piété calme et l'acceptation douce dans laquelle la plupart des musulmans ont été élevés. Je ne prétends pas savoir suggérer si telle ou telle autre est la «bonne» version de la pensée islamique. Cependant, il y a avec certitude beaucoup de savants qui soutiennent que ce littéralisme agressif, et populairement appelé à tort «fondamentalisme», est une innovation doctrinale d'origine relativement récente. C'est très clairement le produit du raisonnement linéaire, pseudo-logique qui a caractérisé notre époque violente et intolérante - une époque qui a commencé avec le plein épanouissement de l'impérialisme moderne au XIXe siècle et dont les funestes réponses culturelles et psychiques ont longtemps survécu à leurs origines. Avec ce genre d'héritage intellectuel en toile de fond, quel type de discours politique est possible au Pakistan " a dit Salman Tarik Kureshi

 

http://www.newageislam.com/islam-and-tolerance/those-who-do-not-attend-friday-prayers-“should-simply-be-killed-slit-their-throats!”---deoband/d/1795

 

En outre, essayez ce qui suit d'un savant soi-disant éclairé de l'Islam:

«La liberté est un mot neutre. En conséquence, en lien avec la religion, cela signifie la liberté d'une personne d'avoir ou ne pas avoir de religion, soit pour pratiquer ou ne pas pratiquer, pour propager ou ne pas propager, pour embrasser ou ne pas embrasser, pour modifier ou non sa propre religion. S'il décide de le faire, il a la liberté de le faire sans interférence des autres. C'est le sens de la liberté telle qu'elle apparaît dans les exemples ci-dessus.

"Est-ce qu'un musulman a le droit de jouir de cette liberté? En réalité, sous la charia, un musulman n'est pas libre de le faire, peu importe qu'il soit sous le règne musulman ou non musulman sauf nécessité absolue. En fait, la signification même de l'Islam, qui est la soumission et l'abandon à la volonté du Tout-Puissant Allah (swt), est incompatible avec la signification vague de liberté (cf.hurriah) dans son sens absolu. Ainsi, un musulman ne peut pas jouir de la liberté à l'égard des articles de foi (Iman), de pratiquer les piliers de l'Islam (arkan al islam) dans le respect des codes de la vie parce qu'il s'agit ici d'éléments essentiels pour garder cet homme croyant et musulman. En revanche, il peut jouir d'une liberté guidée en ce qui concerne les questions qui ne relèvent pas des principes fondamentaux et obligatoires et des piliers de la région « Liberté de religion dans la charia » par le Dr ABM Islam Mahboobul de l'Université islamique internationale de Malaisie.

Les pauvres orphelins de guerre connus sous le nom de Talibans qui ont gouverné l'Afghanistan pendant un certain temps ont été considérés comme étranges puisque pensant que si quelqu'un n'a pas une barbe d'une certaine longueur et ne porte pas des habits d'une certaine longueur ou si une femme montre même un centimètre de peau, ils sont passibles de peines diverses. Mais je trouve que c'est en fait le courant dominant de la pensée conservatrice de l'Islam, qui n'est pas contesté par l'Islam du courant majoritaire. Il faut mettre au crédit des Talibans qu'en essayant d'appliquer les idées farfelues de nos oulémas, ils ont mis cela en avant sur la place publique. Mais pour eux, les gens comme moi qui étaient heureux avec l'idée d'un Islam du courant majoritaire pacifique et pluraliste, n'auraient pas pensé à étudier la littérature cléricale en profondeur en essayant de découvrir la vérité. C'est cette mentalité obscurantiste qui imprègne les esprits d'un grand nombre de musulmans. Pas étonnant donc que, si certains d'entre nous rechignent à l'idée d'un Islam Talabani et prennent juste pour acquis qu'une telle interprétation de l'Islam n'est tout simplement pas acceptable par le grand public, si nous regardons de plus près, nous découvrons en fait que le courant dominant, au moins dans les sociétés arriérées, n'y voit pas beaucoup d'inconvénient.

J'espère que M. Abdul Sami Bubere de la Société Culturelle Sahyog basée à Mumbai et d'autres personnes qui sont gênés par l'interdiction des minarets en Suisse, l'interdiction française des burqas ou l'India Hindu Right qui exige l'abolition du droit personnel musulman vont également exprimer leur dégoût, si ils le sentent, à propos du manque de libertés religieuses vis-à-vis des non-musulmans et autres musulmans dans les sociétés dites islamiques. Les soi-disant savants musulmans font de grands efforts pour prouver que les paroles du Coran comme "La Ikraha Deen fid" (Il n'y a pas de contrainte en religion) ou Lakum Deenakum waleya Deen (A vous votre religion et à moi la mienne) n'ont pas de sens et de pertinence pour les musulmans d'aujourd'hui et doivent être bannies de notre conscience. Honte à ces savants.

Jusqu'à ce que nous commencions à nous battre pour la liberté religieuse dans nos propres sociétés (pour les musulmans et non-musulmans), notre lutte pour la liberté religieuse dans des sociétés non musulmanes sera à juste titre seulement considérée comme un exemple de l'hypocrisie musulmane.

URL: http://www.newageislam.com/islam-and-pluralism/religious-freedom-is-indivisible--muslims-should-seek-it-in-islamic-societies-too/d/2451

 

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Dispute sur l'interdiction des minarets en Suisse a un écho en Inde

Par Ashish Sinha à New Delhi

Le référendum suisse interdisant la construction de nouveaux minarets sur les mosquées a été attaqué sévèrement jeudi par des groupes indiens de la société civile qui considèrent la décision comme anti-Islam, comme une atteinte à la liberté religieuse garantie par la constitution suisse.

Le référendum - parrainé par le parti de droite Union Démocratique du Centre mais contré par le gouvernement - a été approuvé en Novembre dernier par 57,5 pour cent des électeurs dans 22 des 26 cantons.

Curieusement, il n'y avait aucune raison crédible donnée pour déplacer le référendum et les chefs des minorités ont dit que cela avait davantage à voir avec les craintes de ce qu'on appelle la montée du fondamentalisme islamique ou de l'«islamophobie». Les campagnes en faveur du référendum ont été marquées par des affiches qui portaient des drapeaux suisses avec des minarets noirs en forme de missiles et des femmes portant la burqa en arrière-plan.

Plus de quatre cent mille musulmans, la plupart d'origine kosovar ou turque, vivent en Suisse avec ses 7 500 000 d'habitants. La campagne pittoresque, appelée le berceau de la démocratie moderne, a quelque 150 mosquées, quatre d'entre elles avec des minarets et seulement deux nouveaux minarets étaient planifiés.

«La décision extrêmement provocatrice porte atteinte à la liberté de religion et au principe de co-existence. Le référendum est semblable à la tyrannie de la majorité. Il ne fera qu'encourager l'intégrisme. L'interdiction devrait être levée immédiatement car elle sert l'objectif de djihadistes qui interprètent mal l'islam " a déclaré Abdul Sami Bubere de la Société Culturelle Sahyog basée à Mumbai.

Depuis que le référendum a été approuvé, il doit être incorporé dans la constitution suisse. Ce processus va peut être être complété plus tard cette année. L'opposition, étant entendue dans de nombreux pays, est destinée à un réexamen de la décision par le biais d'un autre référendum ou autrement.

Bubere a déclaré que le Vatican avait soutenu l'opposition.

«C'est une situation pénible. Cela revient à créer un barrage routier dans les libertés d'autrui. Nous condamnons cela. Une solution au problème doit être trouvée via le dialogue mutuel», a déclaré Thomas MD de la Commission pour l'Harmonie Religieuse. Le chef spirituel Sri Sri Ravishankar a également apporté son appui à la campagne, appelant à la levée de l'interdiction, car cela mine la tolérance religieuse et les droits de l'homme.

Peu de temps après que le référendum ait été approuvé, le gouvernement suisse a tenté d'apaiser les craintes de la population musulmane du pays et a déclaré que ce n'était pas un rejet de la religion de l'Islam ou de la culture.

Mais l'incorporation de la décision de la majorité dans la constitution pourrait donner lieu à la violation des conventions internationales sur les droits de l'homme par le gouvernement suisse.

La Suisse est un pays multi-ethnique avec une société multi-religieuse qui s'enorgueillit de faire respecter le pluralisme démographique.

Source: Mail Aujourd'hui, New Delhi.

URL of English Article: https://www.newageislam.com/islam-and-pluralism/religious-freedom-is-indivisible--muslims-should-seek-it-in-islamic-societies-too/d/2451

 

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