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French Section ( 15 Aug 2012, NewAgeIslam.Com)

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L’Islam Respecte Pleinement les Droits de l’Homme des Minorités Religieuses: Sultan Shahin devant le Conseil des Droits de l’Homme des Nations-Unies à Genève



Malgré les dispositions de l’Islam, les Etats “islamiques” sont peut-être les plus grands violateurs des droits religieux des minorités

Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, 19ème session, Genève – 27 février-23 mars 2012

Point à l’ordre du jour numéro 9 : Racisme, discrimination raciale, xénophobie et formes d’intolérances qui y sont liées, suivi et application de la Déclaration de Durban et du Programme d’Action

Déclaration Orale par Sultan Shahin, rédacteur-en-chef, New Age Islam

(Au nom de United Schools International)

Madame la Présidente,

 

Dix ans ont passé depuis la Déclaration de Durban et vingt ans depuis l’adoption par tous les Etats de la Déclaration des Nations-Unies sur les Droits des Minorités. Ainsi que la Haute Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme nous l’a rappelé, nous célébrons le 20ème anniversaire de l’adoption de cette déclaration. Pourtant, il semble que cela n’ait eu aucun impact sur un certain nombre de pays qui se revendiquent ouvertement des droits des minorités sans montrer le moindre signe de conviction dans la pratique. Aujourd’hui, les plus grands violateurs des droits des minorités religieuses à travers le monde sont peut-être des pays à majorité musulmane.

 

Dans plusieurs pays arabes, y compris l’Arabie Saoudite par exemple, aucune minorité religieuse n’est autorisée à construire ses lieux de culte. Et cela malgré le fait que non seulement les conventions internationales dont ils sont signataires, mais également la religion qu’ils revendiquent comme la leur, l’Islam, soutiennent les droits des minorités. Au chapitre 2, verset 256, le Saint Coran dit : « La Ikraha fid deen » (Il n’est pas de contrainte dans la religion). Quelle parodie dans ce cas qu’au lieu de protéger les droits des minorités, un peuple qui prétend chercher constamment la voie du Coran soit lui-même le pire violateur de ces mêmes droits.

 

De la même façon, depuis que cette 19ème session du Conseil a débuté, comme pour ridiculiser les célébrations du 20ème anniversaire de la Déclaration sur les Droits des Minorités, il ne s’est peut être pas passé une journée sans que des rapports arrivent du Pakistan, mentionnant le kidnapping et la conversion forcée à l’Islam de jeunes filles hindoues avant qu’elles ne soient violées au nom du mariage. La Commission Pakistanaise des Droits de l’Homme a annoncé le 11 mars 2012 qu’en moyenne 20 à 25 jeunes hindoues sont forcées de se convertir à l’Islam chaque mois dans la province du Sind, au sud du Pakistan. 

 

Plus qu’aucun autre pays, le Pakistan semble être atteint d’une épidémie de brutalité à l’encontre des minorités. Il est temps que le Conseil des Nations Unies pour les Droits de l’Homme rappelle à ces pays qu’ils doivent respecter leurs propres signatures au bas des textes des Conventions onusiennes, s’ils ne peuvent suivre les préceptes de leur propre religion.

 

Ce n’est pas comme si les organes des Droits de l’Homme étaient seuls à rapporter ces graves violations. Le rapport de la Commission Pakistanaise des Droits de l’Homme a été confirmé par Azra Fazal Pechuho, une parlementaire du Parti du Peuple Pakistanais actuellement au pouvoir, et sœur du Président de la République du Pakistan Asif Ali Zardari. Elle a déclaré le 15 mars que des jeunes hindoues sont gardées de force dans des madrasas et sont forcées d’épouser des musulmans. Ses remarques s’inscrivaient dans le contexte de l’injonction de la Cour Suprême pakistanaise faite aux autorités afin qu’elles produisent trois jeunes hindoues kidnappées dans le Sind.

 

Et il ne s’agit pas que des hindous, ou même des chrétiens, qui souffrent de ces violations des Droits de l’Homme et de discrimination au Pakistan. Dilshad Bhutto, le Président du Forum Laïque Pakistanais, a condamné fermement les massacres de shiites au Pakistan et déclaré que les gouvernements central et provinciaux et la police échouent souvent à protéger les membres des minorités religieuses, y compris les ahmadis, les shiites, les chrétiens et les hindous.

 

Ce n’est pas seulement donner une mauvaise image à ces pays à majorité musulmane, mais c’est également ternir celle de notre religion, l’Islam lui-même, ce qui mène à la peur de l’Islam dans l’esprit de beaucoup de non-musulmans de par le monde. J’aimerais porter à l’attention des représentants de la communauté mondiale que notre religion, l’Islam, soutient pleinement la protection des droits des pratiquants de toutes les religions.

 

En effet, le Saint Coran, alors qu’il donnait pour la première fois aux musulmans, 13 ans après l’avènement de l’Islam, la permission de se défendre avec des armes, leur demandait de le faire pour protéger la liberté religieuse en soi, la liberté religieuse des juifs, des chrétiens, des hindous et des musulmans, pas seulement la liberté religieuse des musulmans.

 

Le Coran stipule au chapitre 22, verset 40 : « Et si Allah n’avait pas considéré un groupe comme l’égal d’un autre, les monastères et les églises, les synagogues et les mosquées, dans lesquels son éloge est abondamment fait, auraient été complètement détruits. » Il est clair que cela rend impératif en tant que devoir religieux de la part des musulmans de protéger par tous les moyens disponibles le droit des communautés religieuses de construire et d’adorer Dieu dans leurs églises, synagogues, monastères, temples, mosquées.

 

En Arabie Saoudite et dans les zones contrôlées par les Talibans au Pakistan et par Boko Haram au Nigéria, par exemple, il est impossible pour les religions ou les sectes minoritaires ne serait-ce que de construire leurs lieux de culte, sans parler de pratiquer leur religion librement. De mon point de vue, le verset du Coran cité plus haut rend impératif pour les musulmans de lutter du mieux qu’ils peuvent, en usant au mieux de leurs compétences et de leurs ressources, pour changer cette situation. Pour le moins, nous devrions essayer de convaincre les autorités de ces zones, qui prétendent être musulmanes, de suivre la lettre et l’esprit du Coran et de cesser de renforcer l’Islamophobie, qui prévaut déjà dans le monde.

 

Une des raisons pour lesquelles de nombreuses minorités non-musulmanes souffrent d’un manque de droits religieux est que certains pays musulmans ne possèdent tout simplement pas le concept de citoyenneté de leur Etat. Même si un migrant servait leur pays pendant des décennies, ils ne lui donneraient même pas le droit d’y résider de façon permanente, sans même parler de la citoyenneté. Contrairement à la conduite du Prophète Mahomet (que la paix soit sur lui), ils ont développé un concept de pays 100 pour cent musulmans. Comme des représentants de ces Etats sont présents ici à ce forum des Nations Unies du mois d’aout, je leur demanderais d’étudier les dispositions de la première et unique constitution islamique que le Prophète Mahomet a laissée derrière lui. L’Etat islamique que le Prophète Mahomet avait mis en place était en réalité un Etat laïque. Il était fondé sur la convention appelée Meesaq-e-Madina. Le fondement en était un accord que le Prophète avait passé avec les juifs et les autres communautés religieuses pour établir un Etat laïque.

 

Certaines de ces remarquables dispositions, qui devraient ouvrir les yeux de ceux qui prétendent diriger des Etats islamiques, étaient les suivantes :

 

·        Médine (qui était une ville multiculturelle et abritait des gens de philosophies différentes, en particulier des juifs, des musulmans, des polythéistes et des athéistes) fut déclarée un Etat-nation, pas un Etat religieux. On référait à sa population entière en tant qu’Umma, un mot à présent utilisé exclusivement pour désigner les musulmans.

 

·        Aucun groupe religieux ne pouvait imposer ses lois religieuses (c’est-à-dire la Shariah) à un peuple qui ne partageait pas les mêmes croyances. En de tels cas, la loi civile devait être suivie.

 

·        Les musulmans promirent de combattre quiconque attaquerait Médine ou toute communauté vivant à Médine, même si les assaillants s’avéraient être des musulmans (le même principe s’appliquait aux autres groupes religieux).

 

Alors qu’il exprimait son angoisse face au massacre de chrétiens à Gojra, au Pakistan, en aout 2009, un érudit islamique de grande réputation, le docteur Muhammad Tahir-ul-Qadri, déclara : « Il est grand temps que nous regardions en nous-mêmes et que nous retournions aux préceptes de l’Islam vis-à-vis des minorités ». Il continua en compilant des citations du Saint Coran et du Hadith (paroles du Prophète) sur la question. Je présente ici quelques extraits qui mettront fin aux doutes présents dans les esprits de beaucoup au sein de la communauté mondiale quant à l’engagement de l’Islam vis-à-vis de la protection des droits des minorités religieuses, en raison du comportement de certains pays musulmans.

 

Cette éminence de l’idéologie islamique déclare : « l’Islam épouse les valeurs de la fraternité universelle, de la tolérance et de la coexistence mutuellement pacifique, ordonnant à ses fidèles d’être sources de paix pour les gens qui les entourent. Il vise à établir un Etat et une société idéale où tous les citoyens, quelles que soient leur association, leur identité religieuse, leur race, leur couleur et leur croyance, jouissent des mêmes droits et de l’égalité aux yeux de la loi. L’injonction Coranique « Il n’est pas de contrainte dans la religion » (2 :256) nie les éléments de contrainte et d’oppression dans les affaires religieuses et forme la base de la protection des droits des minorités. A un autre endroit, Allah tout-puissant dit, dans le Saint Coran : « (Alors) pour toi il y a ta religion, et pour moi la mienne » (109 :6).

 

« L’importance et le caractère sacré des droits que l’Islam donne aux minorités peuvent être encore perçus dans la phrase du Saint Prophète (que la paix soit sur lui) : « Attention ! Si quiconque osait oppresser un membre d’une communauté minoritaire ou usurpait ses droits ou le torturait plus que son endurance ne peut le supporter ou lui prenait quelque chose par la force sans son consentement, je me battrais (contre de tels musulmans) en son nom le Jour du Jugement. » (Abu Dawood 3 :170).

 

« Ceci n’est pas simplement un avertissement, ceci a le caractère sacré d’une loi, qui fut promulguée dans l’Etat islamique durant la période bénie du Saint Prophète (que la paix soit sur lui) mais qui continua à être appliquée ensuite et fait toujours partie de la constitution de l’Etat islamique (du Pakistan). Le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) a toujours averti les musulmans des droits des minorités. Alors qu’il parlait des minorités, un jour il dit : « Celui qui tue un membre d’une minorité, celui-là ne sentira pas la fragrance du paradis même si la fragrance du paradis couvrait une distance de quarante ans. » (Ibne Rushd, Badiya-tul-Mujtahid, 2 :299)

 

« A chaque fois qu’une délégation non-musulmane rendait visite au Saint Prophète (que la paix soit sur lui), il leur offrait l’hospitalité lui-même. Un jour, une délégation chrétienne d’Abyssinie vint pour rendre visite au Prophète de l’Islam (que la paix soit sur lui) dans la sainte cité de Médine, et il prit sur lui d’être lui-même l’hôte de ces invités et les accueillit dans la mosquée du Prophète. Il dit : « Ces gens ont un statut distingué et privilégié pour nos compagnons, donc je choisis de leur accorder le respect et l’hospitalité moi-même. » (Ibne Kathir, as-Seertun Nabvia, 2 :31)

 

« De la même façon, une autre délégation de Njran, forte de 14 membres, se rendit en la sainte cité de Médine. Le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) fit loger la délégation dans la mosquée du Prophète et l’autorisa à prier selon leur religion dans la mosquée du Prophète. » (Ibne Saad, at-Tabqatul Kubra, 1 : 357)

 

“L’impact du traitement bienveillant du Saint Prophète à l’égard des minorités fut si profond et pénétrant que leurs interactions avec lui étaient également fondées sur le respect et la vénération. Alors qu’un allié juif était sur le point de mourir lors d’une bataille, les gens lui demandèrent qui serait l’héritier de ses immenses possessions, il répondit que le Saint Prophète (que la paix soit sur lui) en serait le gardien. Ceci en dit long sur la vénération que les non-musulmans avaient pour le Prophète de l’Islam (que la paix soit sur lui).

 

« L’imam Abu Yousul écrit dans son œuvre maitresse « Kitab-ul-Khiraj » que les musulmans et les minorités non-musulmanes étaient traitées de façon égale au vu de la loi civile et de la loi pénale durant la période Prophétique et celle des califes qui suivaient le droit chemin. Un jour un musulman tua un non-musulman durant la période du Saint Prophète (que la paix soit sur lui). Il ordonna la mise à mort de ce musulman par Qisas et dit : « La protection des droits des non-musulmans est mon devoir le plus important » (Shaafi, al-Masand, 1 :343).

 

« D’une façon semblable, le statut d’un musulman et celui d’un non-musulman sont égaux dans la loi civile d’un Etat islamique. Le non-musulman mériterait également la même peine qu’un musulman en cas de crime. Qu’un non-musulman vole à un musulman ou l’inverse, les deux mériteraient une punition d’un degré égal. Aucune discrimination ne peut être autorisée dans leur traitement aux yeux de la loi.

 

« Contraire aux enseignements de l’Islam et aux paroles du Saint Prophète (que la paix soit sur lui), notre comportement actuel est honteux pour ne pas dire plus, et est coupable d’avoir apporté le déshonneur sur l’Islam. Aucun musulman sain d’esprit ne peut approuver ou pardonner des actes aussi répréhensibles que ceux vus à Gojra. C’est un sujet de grande inquiétude de voir comment une petite minorité de Mullah fanatiques et radicaux peuvent dominer des gens ignorants et les faire agir à leur guise sans crainte de représailles de la part de l’Etat et de ses organes judiciaires.

 

« Même si l’incapacité de l’administration à étouffer le mal dans l’œuf est sans doute responsable du déclenchement d’émeutes à court terme, les dommages colossaux causés par ces évènements sont autant de reflets de comment l’extrémisme a pénétré nos attitudes et nos comportements sociaux. L’Etat (du Pakistan) ne peut permettre à la situation de s’aggraver en adoptant des réponses passives et réactionnaires. Il doit prendre l’initiative d’actions pour réparer les dommages qu’il a causés lorsqu’il promouvait et cooptait un certain état d’esprit religieux au prix de l’équilibre social, de la tolérance religieuse et de l’harmonie entre les communautés. A une époque où nous avons besoin de tendre la main aux autres fois et d’offrir d’engager un dialogue constructif dans le but de trouver des solutions aux problèmes contemporains, de tels actes s’avèrent contre-productifs. »

 

Je demande à ce Conseil d’enjoindre à tous les Etats ne respectant pas les Droits de l’Homme des minorités de se souvenir et de respecter le fait qu’ils sont signataires de la Déclaration des Nations-Unies sur les Droits des Personnes appartenant à des Minorités Nationales ou Ethniques, Religieuses et Linguistiques et sont obligés d’en respecter les dispositions. Que ces Etats se voient rappeler que nous célébrons le 20ème anniversaire de l’adoption par tous les Etats de cette déclaration en 1992 et qu’ils sont obligés d’en respecter les dispositions. Combien de temps la communauté mondiale devra-t-elle attendre que ces pays suivent les principes qu’ils se sont engagés, devant le monde entier, à suivre ?

 

Je voudrais saisir cette occasion pour demander aux représentants des pays pris en défaut de lire ce que la Haute Commissaire pour les Droits de l’Homme, Madame Navi Pillai, a déclaré dans son avant-propos à la compilation de recommandations des quatre premières sessions, qui eurent lieu de 2008 à 2011. Au tout début, elle a dit : « En 2012, nous célébrons le 20ème anniversaire de l’adoption par tous les Etats en 1992 de cette déclaration essentielle, qui a marqué la reconnaissance unanime que les droits des minorités partout dans le monde doivent être respectés, protégés et promus, face aux violations ininterrompues de ceux qui appartiennent à certaines communautés. Vingt ans plus tard beaucoup reste à faire pour faire des droits exprimés dans la Déclaration une réalité. Beaucoup de minorités ethniques, religieuses et linguistiques continuent à faire face à la discrimination, à la marginalisation et à l’exclusion, et, dans certains pays, aux impacts terribles de la violence et des conflits. Le Forum est à l’avant-garde des efforts internationaux pour améliorer la vie des minorités désavantagées partout dans le monde. »

 

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 URL:  http://www.newageislam.com/french-section/sultan-shahin,-rédacteur-en-chef,-new-age-islam/l’islam-respecte-pleinement-les-droits-de-l’homme-des-minorités-religieuses--sultan-shahin-devant-le-conseil-des-droits-de-l’homme-des-nations-unies-à-genève/d/8287

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