New Age Islam
Sat Mar 14 2026, 01:34 AM

French Section ( 9 Oct 2013, NewAgeIslam.Com)

Comment | Comment

Réfutation de la Fatwa du Sheikh Yousuf Al-Abeeri Soutenant le Massacre Gratuit de Civils Innocents – Huitième Partie

 

 

De Muhammad Yunus, New Age Islam

8 août 2013

 Partie 1 La Fatwa commence avec la redéfinition de « l'innocence » de façon relative pour suggérer que les civils tués dans les attaques du 11 Septembre étaient en partie coupables et méritaient d'être tués. Cette notion nie le principe de justice universelle ainsi que le prescrit le Coran (VI termes de références, Partie 1). Elle affirme ensuite que « Si les infidèles tuent des femmes musulmanes, enfants et personnes âgées, infliger le même traitement aux infidèles est justifié » et se déplace vers un sujet sanglant et sans rapport : la mutilation du cadavre de l'oncle Hamza du Prophète Muhammad sur le champ de bataille d'Uhad, donnant des détails révoltants. À plusieurs reprises, elle fait référence à des versets coraniques/des passages sans lien 2:194, 16:126-128, et 42:39-42 exhortant la retenue et la patience dans la guerre, apparemment pour renforcer le pouvoir de ses déclarations.

  Cette référence incongrue a peut être pour but de faire une association entre l'acte barbare de mutilation et le Coran vis-à-vis de ses lecteurs ignorants et sans méfiance, sans savoir que la mutilation des cadavres était une tradition purement pré-islamique et n'est ni mentionnée dans le Coran, ni pratiquée par une quelconque armée musulmane. Certains des arguments affichés contredisent le Coran sur de nombreux points, sont auto- contradictoires, bizarres et indéfendables, et d'autres, suicidaires pour l'Islam et la communauté musulmane dans son sens plus large et une grave menace pour la civilisation humaine. Le discours conclut cependant par la citation d'un Hadith authentique (Imam Bukhari et Muslim) interdisant cette pratique sadique.

Le discours adopte un style scolastique que le lecteur d'aujourd'hui peut trouver assez complexe, discordant et difficile, de manière à ce qu'il puisse succomber à remettre en cause sa logique et sa raison d'être.

La Partie 2 continue de s'attarder sur le thème sanglant de mutilation de cadavres, répète les versets 2:194 et 16:126 qui ne sont pas liés et ajoute un autre verset sans rapport, 17:15 et une tradition sur l'interdiction du Prophète de pratiquer cette coutume pré-islamique. Cependant, comme dans la Partie 1, elle adopte une structure de discours complexe, qui, avec un impact tautologique, crée une association plutôt qu'une déconnexion entre la coutume barbare de mutilation et le message islamique. Ainsi, un lecteur occasionnel, fanatique ou peu critique peut insérer du sadisme dans ses pensées religieuses et ainsi devenir spirituellement endoctriné à commettre des actes de terreur aveugles.

La Partie 3 cite trois versets coraniques déjà cités à plusieurs reprises et non reliés les uns aux autres:

  • 2:194 cité une fois dans chacune des Parties 1 et 2

16:126, cité quatre fois dans la Partie 1, et une fois dans la Partie 2, et

42:30, cité une fois dans la Partie 1 dans le cadre du passage 42:39-42.

Elle se réfère également aux thèmes de deux autres versets 2:178 et 59:6 (sans mentionner leur sourate / série) d'une manière superflue pour forcer leur adaptation avec le thème récurrent de la Fatwa - infliger des châtiments barbares, forcer à noyer ou à découper des parties du corps ou mutiler des cadavres, lapider à mort, pousser d'une certaine hauteur, battre à mort au bâton ou confiner sans eau ni nourriture jusqu'à la mort en guise de représailles équivalentes à ce qui a été infligé.

La Fatwa continue en outre à puiser dans les Fatwas antérieures. Mais ainsi que mentionné dans le point II de la Partie 1 des termes de référence, la validité d'une Fatwa comme « décret religieux » reste subordonnée à sa compatibilité avec le message coranique. Puisque le thème de la Fatwa est incompatible avec le message coranique, citer des Fatwas antérieures pour justifier le thème ne porte aucune légitimité religieuse / coranique. 

 Par conséquent, cette troisième partie, en plus des trois premières parties de la Fatwa ne parviennent pas à tirer une quelconque légitimité du Coran et sont de ce fait réfutées.

 La Partie 4 modifie brusquement son thème, avançant rapide à cette époque et mérite une certaine élaboration.

Elle accuse singulièrement les Etats Unis d'Amérique de toutes les souffrances et dévastations des musulmans et « d'ingérence flagrante et cachée dans les pays musulmans afin de faire couler le sang et de tuer des innocents ». Elle  accuse également l'Amérique pour tout ce qui arrive aux Philippines, en Indonésie, au Cachemire, en Macédoine et en Bosnie et les tient donc pour responsables de toutes les épreuves et tribulations traversées par les musulmans. Elle met sur le compte des américains les attaques et sièges de bases éloignées en adoptant une politique de « punition des peuples pour les crimes d'individus », se réfère aux actions militaires israéliennes et aux violations flagrantes des droits de l'homme des palestiniens comme des actes de terrorisme, même par la définition de la politique américaine (sur la protection des droits de l'homme) et décrit ainsi les juifs comme terroristes et les États-Unis comme des partisans du terrorisme sioniste en Palestine, et affirme en conséquence le droit correspondant d'appliquer des représailles équivalentes comme faussement énoncé dans la partie précédente de la Fatwa (Partie 3). Elle invoque deux versets déjà cités (2:194, 16:126) et introduit un Maslah (principe) qui vise à confondre la politique étrangère de l'Amérique avec les américains ordinaires et conclut : « Le meurtre de femmes américaines, des enfants, des personnes âgées et des autres non-combattants est autorisée (par la Charia), il s'agit plutôt d'une des catégories de Jihad qui a été ordonné par Dieu et son prophète (PSSL) ».

La Fatwa est réfutée sur les cinq principaux motifs – politique (i), deux histoires récentes (II-III), religieux (iv) et une histoire datant des débuts de l'Islam (v) :

i) Politique : la politique étrangère américaine qui se plonge dans la guerre et impose des sanctions est dessinée par ses bureaucrates politico-militaires et les organes législatifs (Congrès et Sénat) sur la base de leur évaluation conjointe des réalités politiques et des enjeux stratégiques mondiaux et des menaces du temps. Si quelqu'un aux Etats Unis doit être tenu pour responsable des conséquences terribles des sanctions et des guerres, ce sont les personnes qui ont été directement impliquées dans l'élaboration des politiques au moment des points d'entrée historiques qui ont vu les sanctions et les guerres. Les américains ordinaires existant à l'époque de ces points historiques ne peuvent pas et ne doivent pas être tenus pour responsables. Si le principe de représailles équivalentes avait été accepté comme une règle de base pour l'humanité indépendamment de l'évolution des réalités politico-historiques, le Bangladesh devrait entreprendre une action militaire contre le Pakistan pour sa mise à mort des prétendus trois millions de civils dans la guerre de libération, Israël devrait bombarder l'Allemagne pour venger la liquidation barbare et en masse des juifs par Hitler, la Chine devrait anéantir le Japon pour ses atrocités commises contre les citoyens chinois au cours de la seconde guerre mondiale et toutes les nations du monde seraient prises dans une frénésie de guerres de représailles, de massacres et de génocides, contre leurs bourreaux du passé.

ii) Son mépris du relativisme historique : des centaines de milliers de musulmans ont été tués et beaucoup plus encore ont gravement souffert du fait de leurs propres régimes islamiques ou voisins envahisseurs musulmans comme durant la guerre de libération du Bangladesh, la guerre Iran-Irak, l'invasion du Koweït par l'Irak, et l'oppression des musulmans à l'extérieur des Etats-Unis ou de la sphère d'influence américaine - notamment en Chine, en Russie, dans la péninsule albanaise, les pays d'Asie Centrale et d'ancienne Russie soviétique. Ainsi, l'Amérique ne peut pas être désignée comme le pire ennemi des musulmans.

iii) Son mépris du rôle militaire historique de l'Amérique à défendre et à préserver les musulmans albanais et assurant ainsi la présence et la croissance de l'Islam en Europe et, par extension, dans l'hémisphère occidental. Cela vient en plus de son aide alimentaire, de son secours d'urgence, de son rôle dans le développement technologique / des infrastructures dans tous les pays musulmans, et le fait d'accueillir quelques cinq millions de musulmans sur son propre territoire – des musulmans qui apprécient une plus grande liberté politique et religieuse et des droits civils que dans tout autre pays musulman du monde.

iv) Considérations religieuses : les versets coraniques suivants exhortent les musulmans / l'humanité dans son sens le plus large à désamorcer la violence par le pardon collectif des anciens ennemis (5:2), d'une justice personnalisée (5:8) d'homicides illégaux de personnes innocentes (5,32) et à rendre le mal par le bien (13:22 23:96, 41:34):

« (...) Et ne laissez pas la haine pour un peuple qui vous a obstrué la route vers la Mosquée sacrée vous inciter à transgresser. Entraidez-vous dans l'accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Et craignez Allah, car Allah est, certes, dur en punition!». (5:2)

« O les croyants! Soyez stricts (dans vos devoirs) envers Allah et (soyez) des témoins équitables. Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injustes. Pratiquez l'équité: cela est plus proche de la piété. Et craignez Allah. Car Allah est certes Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites». (5:8)

« C'est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d'Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d'un meurtre ou d'une corruption sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c'est comme s'il faisait don de la vie à tous les hommes (…) ». (5:32)

« et qui endurent dans la recherche de l'agrément d'Allah, accomplissent la Salât et dépensent (dans le bien), en secret et en public, de ce que Nous leur avons attribué, et repoussent le mal par le bien. A ceux-là, la bonne demeure finale ». (13:22)

« Repousse le mal par ce qui est meilleur. Nous savons très bien ce qu'ils décrivent ». (23:96)

«La bonne action et la mauvaise ne sont pas pareilles. Repousse (le mal) par ce qui est meilleur; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux ».  (41:34)

v) Histoire des débuts de l’Islam: Il y a des documents historiques irréfutables qui démontrent l'application du noble principe ci-dessus, même en temps de guerre. Ainsi, l'éminent historien, Thomas Arnold, cite un rapport contemporain de l'Église sur le traitement compatissant des survivants de la deuxième croisade qui ont été trompés par leurs alliés grecs (qui refusèrent de les renvoyer chez eux en Europe) et qui se sont retrouvés à la merci des guerriers musulmans : « La situation des survivants aurait été tout à fait désespérée, si la vue de leur misère n'avait pas fait fondre les cœurs des mahométans à la pitié. Ils soignaient les malades et soulageaient les pauvres et les affamés avec générosité les mains ouvertes. Certains achetèrent même l'argent français que les Grecs avaient récupéré des pèlerins par la force ou la ruse, et largement distribué aux nécessiteux. Ainsi le contraste était grand entre le type de traitement que les pèlerins reçurent des incrédules et la cruauté de leurs compatriotes chrétiens, les Grecs, qui leur imposèrent le travail forcé, les battirent et leur volèrent le peu qu'ils avaient encore sur eux, tant et si bien que beaucoup d'entre eux volontairement adoptèrent la foi de leurs libérateurs. ».

Comprenant peut être consciemment ou inconsciemment l'importance donnée par le Coran à l'atténuation de la violence, la Fatwa se termine par un brusque volte-face dans ses arguments en déclarant qu'« en aucun cas, il est permis et approprié pour eux de tuer plus de 4 millions de non-combattants américains et de rendre plus de dix millions d'américains sans abri. S'ils le font, ils seront parmi ceux qui transgressent la loi de Maslah ». Toutefois, citer de manière récurrente des versets coraniques qui prônent l'inverse comme 2:94, 16:129 reflète une stratégie d'endoctrinement : bombarder les musulmans simples et innocents avec ce qui est de plus grandiose et obscure pour eux - les versets du Coran et capitaliser sur leur obscurité révérencielle par rapport à la signification des versets coraniques pour leur vendre leurs propres Fatwas, non coraniques en vérité - mais Dieu sait mieux.

La Partie 5 est entièrement construite autour d'un Hadith qui contient une réponse énigmatique du Prophète concernant l'autorisation d'attaquer les citadelles ennemies la nuit, quand les enfants, femmes et personnes âgées pourraient être tués. Elle établit plusieurs niveaux d'arguments, tous tirés de la plupart des traditions apocryphes (aucune de Bukhari ou Muslim) et  des « avis unanimes » de chercheurs pour établir un Maslah (principe de base) permettant la mise à mort des enfants, des femmes et des personnes âgées parmi les païens seulement quand ils sont dans un lieu ou une situation où la distinction entre combattants et non-combattants ne peut être faite.  Dans son style scolastique d'argumentation, la Fatwa fait le parallèle entre « les citadelles ennemies » et des centres stratégiques et justifie ainsi les attaques soudaines sur les centres stratégiques de l'ennemi et le fait de tuer ses guerriers. Elle conclut ensuite commodément ainsi : « le Prophète qui a permis le meurtre de personnes innocentes en raison de leur incapacité à les distinguer des guerriers, permettra également la mise à mort de personnes tuées dans les attentats du 11 Septembre parce qu'ils ne pouvaient pas non plus être identifiés et distingués dans les centres stratégiques qui étaient relativement plus important que les combattants ». La Fatwa a été réfutée pour les motifs suivants :

1. Elle contredit l'ordonnance coranique de protéger les non-combattants et de les mettre en lieu sûr (9:6) et de ne pas transgresser les limites (2:190).

2. Elle contredit le titre coranique de « miséricorde pour toute l'humanité » du Prophète Muhammad - Rahmat al 'Alamin (21:107) et milite contre la preuve coranique faite à la pleine lumière de l'histoire (termes de référence IX) que le Prophète était doux envers ses hommes, même après leurs défaillances dans l'expédition d'Uhad (3:159) et en a facilement pardonné d'autres d'avoir pris part à l'expédition de Tabuk (9:43).

3. Étant essentiellement construite autour d'une réponse très énigmatique du Prophète traduit par « ils sont parmi eux », elle peut être interprétée comme une instruction pour protéger les non-combattants.

4. Dans une analogie absurde, elle traite les victimes civiles des attaques du 11 Septembre comme plus importantes que les combattants.

Partie 6 Comme la partie précédente (Partie 5), cette partie s'appuie également entièrement sur des Hadiths et des « opinions unanimes » de savants. Elle commence par prononcer l'interdiction de tuer femmes, enfants, personnes âgées, le clergé et les non-combattants capturés en temps de guerre », ce qui est cohérent avec le message coranique (9:6 non référencé) de l'Islam, mais dans le même temps, justifie leur mort quand « ils ont pris les armes contre les musulmans ou rendent un service qui relève de la coopération ou du soutien dans la lutte contre les musulmans, que ce soit via l'espionnage, l'aide apportée ou la participation à des activités similaires ». Le discours se réfère à l'interdiction de tuer des civils / non-combattants à quatre reprises et cite la justification de les tuer avec une légère variation textuelle onze fois. La référence monotone au thème de « tuer des enfants, des femmes et des personnes âgées » soit dans l'argument d''interdiction soit dans la justification vise en théorie à inscrire cette notion brute et sadique comme un édit religieux dans l'esprit du public ciblé - les témoins traumatisés et désorientés des drames humains effroyables de guerres high-tech et politiquement justifiées. Ainsi, au moment où le lecteur ciblé atteint la partie finale de la Fatwa, il/elle est mentalement conditionné/ée pour accepter tel un édit religieux sa déclaration finale : « le meurtre de femmes, d'enfants et de personnes âgées sera permis lorsqu'ils coopèrent avec l'ennemi sous n'importe quelle forme que ce soit ». Indépendamment de sa justification politique ou autre, le principe viole expressément les ordres coraniques d'assurer la sécurité des civils dans le camp de l'ennemi et capturés durant un affrontement armé (9:6), et l'interdiction de tuer toute personne innocente, sauf dans le cadre de l'application régulière de la loi (5:32) comme il est indiqué dans les Parties 5 et 4 de la réfutation. Ainsi, la Fatwa est réfutée en tant qu'édit religieux.

La Partie 7 commence avec l' « avis unanime des savants » que soutenir indirectement le jihad est synonyme de prendre directement part au jihad, puis relie cette proposition à une décision de l'Imam Ibn-e-Taimiya et en déduit que « tout ce qui s'applique aux combattants s'appliquera également aux civils riches et ingénieux d'une nation en guerre contre les musulmans ». Elle étend l'argument pour englober les « innocents et faibles (femmes, enfants et personnes âgées) - que nous appelons les civils dans les temps modernes » dans cette catégorie. Elle affiche ensuite des arguments politiques matures pour impliquer les civils américains dans la deuxième élection du mandat du président Bush en dépit de son invasion de terres musulmanes, de manière à les inclure également dans la catégorie des guerriers et complices de l'ennemi et ainsi justifier leur mise à mort.

Comme dans les deux dernières Parties (5 et 6), elle tire entièrement ses arguments de l'opinion des savants et de quelques Hadiths très peu libellés, auto-contradictoires et ne cite pas un seul verset coranique à leur appui. Elle se réfère à une combustion présumée de palmiers dattiers de la tribu juive Banu Nadir basé sur des sources Hadith (Imam al-Boukhari, Vol. 5, Acc. 365, 366, qui ne sont pas expressément mentionnées dans la Fatwa), faussant ainsi le témoignage coranique en ce qui concerne la taille (non la combustion) de quelques palmiers dattiers (59:5). Dans une déformation macabre de cette argumentation, elle établit un parallèle entre l'incendie criminel et les actes horribles comme « laisser les serpents, scorpions et autres insectes dangereux » parmi les établissements de défense de l'ennemi et notamment les demeures des américains, reflétant l'idéologie Kharijite qui justifie « le meurtre des enfants d'infidèles, leurs propres parents, et tous les non-musulmans du monde ». Ceci exige une brève introduction à propos des Kharijites :

Le terme Kharijite signifie « ceux qui sont expulsés du royaume de l'Islam ». La secte est née quelques décennies après la mort du Prophète, quand un groupe extrémiste de partisans du Calife Ali rompit avec la communauté pour protester contre la négociation de sa détention avec le gouverneur rebelle d'une province (Syrie), Mu'awiyah. Philip K. Hitti fait référence aux Kharijites comme à une secte puritaine brutalement fanatique qui abhorrait la vénération des saints, tuait facilement ses adversaires et « faisait couler des rivières de sang durant les trois premiers siècles de l'Islam » [3].

Partie 8 Cette dernière partie se concentre singulièrement sur la mort brutale et massive de l'ennemi. Elle commence avec la légitimité de brûler l'ennemi comme cela a été précédemment établi, et utilise « ouvrir les barrages des rivières et des lacs » pour noyer les détenus d'un fort ou d'une ville assiégée, lancer une attaque au mortier et « libérer les serpents et les scorpions chez l'ennemi même si les femmes et les enfants sont également mélangés avec les hommes ». Elle fait ensuite état de quelques couches d'arguments avec l'appui de plusieurs juristes sur la légalité de ces mesures et y ajoute « démolir leurs bâtiments, répandre du poison et de la fumée » s'il n'est pas possible de capturer ou de les dominer sans avoir recours à ces pratiques ». Ayant ainsi établi la justification d'une attaque terroriste de manière imperceptible à travers une succession d'arguments, la Fatwa joue à saute-mouton entre le champ de bataille médiéval et les villes américaines et questionne la santé mentale de tout musulman qui déclare « que tuer les Américains, même à New York et Washington est illégal ».

Le postulat de conclusion de la Fatwa d'être authentifié par le Coran et les Hadiths est un mensonge flagrant, comme chacune de ses propositions est réfutée avec l'appui du Coran et cette dernière partie de la Fatwa en plus des huit autres parties n'affiche pas un seul verset coranique ou une narration authentifiée (Sahih) de Hadith (de l'Imam Bukhari ou Muslim par exemple) pour soutenir son thème - bien que toute narration de Hadith ne lui aurait pas forcément donné crédit puisque le Coran réfute chaque partie de la Fatwa et les huit parties cumulativement.

Remarques De Conclusion De L'auteur De Cette Réfutation Détaillée

1. La Fatwa de ce Taliban idéologue est destinée aux segments dépossédés, pauvres, marginalisés et opprimés de la communauté musulmane mondiale. Ce sont les gens qui n'ont jamais touché les médias et sont largement oubliées par le monde ou blâmées pour leurs malheurs et rarement, voire jamais indemnisées pour leurs pertes. Ils n'appartiennent pas à Al-Qaida ou aux Taliban. Ils sont les malheureux civils - les 'outsiders' de la société mondiale qui ont le plus souffert des récentes prétendues invasions seulement des terres musulmanes (Afghanistan, Irak), de la guerre contre le terrorisme par tous les pays - non-musulmans (Amérique, France, Grande-Bretagne) ou musulmans (Pakistan, Afghanistan, Syrie), de l'occupation par Israël des terres musulmanes et des opérations militaires prétendument défensives, des activités contre-terroristes de l'Inde au Cachemire, des actions répressives et de marginalisation dans n'importe quel pays à minorité musulmane de la Chine dans l'Est à l'Espagne dans l'Ouest.

2.  La violence est contagieuse et engendre la violence. Malgré l'escalade du coût humain et matériel de la violence - qu'il s'agisse de nature terroriste ou contre-terroriste, y compris les guerres, le sceptre de la terreur continue de hanter le monde et de menacer la paix et la stabilité. Ainsi, une voie pacifique doit être explorée pour s'attaquer à la menace grandissante de la marque Kharijite de l'Islam, elle-même inhérente à l'idéologie préservationniste, salafiste/jihadiste puritaine.

3. D'un point de vue purement politique et laïque, si ceux au pouvoir dans le monde civilisé, démocratique et auto-proclamé comme juste peuvent redéfinir les civils pris dans certaines opérations militaires comme des terroristes et restent des témoins muets de la perte colossale de vies civiles dans les guerres de haute technologie moderne, les idéologues de la terreur, qui ont grandi dans la théologie atavique du début de terreur de l'Islam (les Kharijies), peuvent faire de même en puisant dans leurs archives théologiques, et cette réfutation sur le plan religieux risque de tomber dans l'oreille d'un sourd, et tout cet exercice de devenir un mirage sur le terrain sans compassion de 21 siècles de civilisation - une époque où la cupidité, la gloire, la puissance, le fanatisme et la haine ouverte ou déguisée occupent l'esprit humain et où la justice, la compassion et la neutralité sont pure rhétorique pour la consommation publique.

4. Cette réfutation ne peut pas avoir, ou au mieux, qu'un impact marginal en enrayant la tendance à la hausse du jihad militant à moins que :

Le public général musulman ainsi que les lecteurs cibles de la Fatwa soient contre-endoctrinés contre l'idéologie jihadiste-Kharijite par l'exposition au message coranique sur la « fraternité universelle de l'humanité qui permet aux gens de foi, de culture, de couleur et de langue diverses à vivre ensemble, à se connaître mutuellement et s'entraider pour rendre la vie facile et agréable pour tous les êtres humains ». [4]

La crise profondément humanitaire des palestiniens soit résolue et l'injustice et l'usage excessif de la violence contre des civils musulmans comme dans les guerres et les mesures anti-terroristes soient atténués.

Tous les types de violence - émeutes, nettoyage ethnique contre les musulmans dans les pays à minorité musulmane - soit freinée.

Les musulmans du courant majoritaire soient exonérés de tout blâme pour la terreur ou le crime d'un seul ou d'une poignée de terroristes idéologiques, car ils sont aussi étrangers à une attaque terroriste que tout citoyen non-musulman.

Les pays à majorité musulmane traitent la minorité non-musulmane comme leur co-égale, qu'ils interdisent efficacement toute forme de violence de la foule contre eux et qu'ils leur fassent bénéficier des mêmes droits et privilèges qu'ils veulent pour eux-mêmes dans les pays à minorité musulmane.

Les musulmans dans les pays à minorité musulmane prennent une part active dans la poursuite de la connaissance universelle et toutes les formes d'activités sportives et culturelles pour obtenir une représentation équitable dans les métiers académiques, grandes entreprises et tous les secteurs légitimes de la société qui adoptent les paradigmes culturels des sociétés de la majorité dans le cadre inclusif du Coran.

Remarques:   

1. Thomas W. Arnold, La Prédication de l'Islam, (première publication 1896, 2e Extended Edition 1913), Delhi 1990, p. 88.

2. Ghunit al-talebin, traduction en ourdou par Shahir Shams Barelwi, Arshad Brothers, New Delhi p.178-180.

3.  Histoire des Arabes 1937, 10ème édition, Londres, 1993, p. 247]

4. Muhammad Yunus et Ashfaque Syed, Amana Publications, dans le Maryland, US-2009, chap. 9.7]

Muhammad Yunus, qui est diplômé en génie chimique de l'Indian Institute of Technology et cadre à la retraite, s'est engagé dans une étude approfondie du Coran depuis le début des années 90, en se concentrant sur l'essence de son message. Il est co-auteur des travaux exégétiques mentionnés, qui ont reçu l'approbation d'al-Azhar al-Sharif, au Caire en 2002 suite à leur restructuration et affinage. Ils ont été approuvés et authentifiés par le Dr Khaled Abou El Fadl de l'UCLA, et publiés par Amana Publications, Maryland, USA, 2009.

 

URL of English Article: http://www.newageislam.com/islam,terrorism-and-jihad/summing-up--refutation-of-sheikh-yousuf-al-abeeri-s-fatwa-supporting-wanton-killing-of-innocent-civilians-under-special-circumstances-and-thus-justifying-the-9/11-attacks-–-part-8/d/12950

URL Septième Partie : http://www.newageislam.com/french-section/muhammad-yunus,-new-age-islam/‪‪réfutation-de-la-fatwa-du-sheikh-yousuf-al-abeeri-soutenant-le-massacre-gratuit-de-civils-innocents---septième-partie/d/13868

URL : http://www.newageislam.com/french-section/muhammad-yunus,-new-age-islam/réfutation-de-la-fatwa-du-sheikh-yousuf-al-abeeri-soutenant-le-massacre-gratuit-de-civils-innocents-–-huitième-partie/d/13907

 

Loading..

Loading..