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‪La Zakat Actuelle Minimise Grossièrement l'Accent Coranique Mis sur la Zakat et le Partage des Richesses‬

 

 

De Muhammad Yunus, New Age Islam

19 Nov 2011

Le nominal de 2.5 % Zakat rend les riches plus riches, les pauvres plus pauvres et pousse les nations musulmanes dans un bourbier plus profond de pauvreté, duquel ils ne semblent pas sortir.

Que la « Zakat est un pilier de la foi » est une proposition incontestable pour tous les musulmans. Cependant, la question qui attend une réponse est le modèle traditionnel de la Zakat, dans le contexte d'aujourd'hui, satisfait-il pleinement les principes coraniques relatifs à la Zakat ou l'accent mis sur les dépenses pour la collectivité ? Le Coran est la source ultime et de vérification de toutes les lois islamiques, coutumes, pratiques et traditions, et il est donc possible d'examiner toute proposition sur la base du Coran. Par conséquent, nous sondons le Noble Livre afin de trouver une réponse.

D'une manière générale, le Coran propose deux sens pour ce terme.

i) La Zakat traditionnelle.

Au fur et à mesure que la révélation avança et la communauté musulmane à Médine prospéra, le Coran fit des appels répétés à dépenser pour les nécessiteux. Cela a encouragé les croyants riches à donner l'aumône toute l'année et plus généreusement pendant le mois de Ramadan pour les bénédictions spéciales de ce mois. De cette manière, le Prophète a une fois demandé aux femmes musulmanes qui fréquentent la mosquée pour la congrégation de l'Eid de donner leurs ornements par charité (aumône) [1], et elles ont donné leurs anneaux et ornements [2]. Vers la fin de la révélation, le Coran rend l'aumône obligatoire à travers son verset 9:60 - le verset indique également la catégorie de bénéficiaires, vraisemblablement pour éviter les détournements:

« Les Sadaqâts ne sont destinés que pour les pauvres, les indigents, ceux qui y travaillent, ceux dont les cœurs sont à gagner (à l'Islam), l'affranchissement des jougs, ceux qui sont lourdement endettés, dans le sentier d'Allah, et pour le voyageur (en détresse). C'est un décret d'Allah! Et Allah est Omniscient et Sage ». (9:60)

Comme un Etat islamique pris racine, le calife Umar institutionnalisa l'aumône obligatoire comme le fonds Zakat. Tout homme ou femme musulmane en possession de richesses ou d'actif excédant un certain seuil – 12 pièces d'or anglaises de Guinée, ou l'équivalent [3] - est tenu de payer l'aumône légale comme Zakat de l'Etat islamique pour être redistribuée entre les pauvres.

Initialement, le taux ou montant de la Zakat était calculé à deux et demi pour cent par an de l'argent, or et avoirs liquides, mais des niveaux plus élevés ont été fixés pour les autres actifs contemporains tels que le rendement de la terre, le parfum, etc. Avec le temps, ce modèle traditionnel a été rationalisé à deux et demi pour cent de l'ensemble des actifs au-delà du seuil de valeur spécifié. Avec la sécularisation des États islamiques, le versement de la Zakat a été dévolu aux individus, qui le calculent en utilisant leur propre jugement, et bien évidemment la tendance est de les ignorer ou de sous-estimer toutes sortes de biens, sauf pour l'or et l'argent car ils ne se prêtent à aucune manipulation.

ii. La notion coranique de la Zakat (pl. forme de Zakah)

Du point de vue coranique, la Zakat est la forme plurielle de la zakah - un mot générique que le Coran associe à la salah (prière) (2:83, 2:110, 2:177, 2:277, 5: 55, 22:41 22:78, 24:37, 24:56, 27:3, 31:4, 98:5). Ainsi, comme la salah (prière), il impose la Zakat à tous les croyants, indépendamment de leur revenus. En conséquence, les musulmans Mecquois ont demandé aux anciens prophètes et aux épouses du Prophète, pour la plupart pauvres, d'exercer la Zakat (21:73, 23:04, 33:3). Cela donne à la Zakat un sens générique du service à l'humanité que tous les croyants indépendamment de leur revenu, sexe, et âge peuvent tenter afin de réaliser pleinement leur din qui est centré autour des bonnes actions à entreprendre pour l'humanité.

Le Coran, cependant, associe également Zakat à la pureté (de la pensée ou de l'âme), qu'une personne peut atteindre par la charité ou le partage de sa richesse avec la communauté (9:103, 92:18) :

« Prélève de leurs biens une Sadaqa par laquelle tu les purifies et les bénis, et prie pour eux. Ta prière est une quiétude pour eux. Et Allah est Audient et Omniscient ». (9:103)

« (…) qui donne ses biens pour se purifier (92:18) et auprès de qui personne ne profite d'un bienfait intéressé, (92:19) mais seulement pour la recherche de La Face de son Seigneur le Très Haut.(92:20)Et certes, il sera bientôt satisfait! » (92:21)

Ainsi, du point de vue coranique, toutes sortes d'actions humanitaires qui apaisent ou purifient l'âme constituent la Zakah. En conséquence, tous les croyants, riches et pauvres, peuvent exercer la zakat en montrant la miséricorde et étendre leur soutien émotionnel et psychologique à l'humanité en détresse, en prenant soin des malades et blessés et autres gestes semblables, tandis que les riches doivent également donner l'aumône obligatoire (Zakat institutionnalisée) dans le cadre de leur obligation de Zakah.

Traditionnellement, les différents travaux civils tels que la suppression des ordures de route, la plantation d'arbres, donner un coup de main dans la levée de bagages sur un support, aider les nécessiteux, ou encore faire de bonnes actions ont été considérées comme sadaqah [4], qui fait partie intégrante du vaste concept coranique de la Zakat. Par conséquent, dans le contexte historique et actuel, toutes les activités sociales et civiles et tous les achèvements scientifiques qui atténuent les souffrances des personnes, ou qui sont bénéfiques aux êtres humains tombent dans le domaine de la Zakat. Il existe aussi des traditions sur le mérite de s'occuper d'animaux domestiques ainsi que tout être vivant [5].

L'accent coranique mis sur le partage de la richesse avec les nécessiteux

Le Coran déclare que « l'homme a le désir intense de toutes les bonnes choses » (100:8), et de « thésaurisation des trésors » (3:14), et de ce fait, prend en compte sa ruse et ses machinations astucieuses dans ses exhortations de partage des richesses avec les pauvres et les nécessiteux. Il commence avec un appel à « la Salât et à dépenser (dans l'obéissance à Allah), de ce que Nous leur avons attribué» (2:3) dans leur vie (2:245, 2:254, 57:11, 57:18, 63:10). Il met en garde les gens contre le fait de blesser les sentiments des destinataires (2:262-2:264) et les exhorte à ignorer toute rancune tout en aidant les autres (24:22). Il rappelle aux gens de ne donner que de bonnes choses (à d'autres) - et non pas des choses qu'elles trouveraient dédaigneuses pour elles-mêmes (2:267) et de freiner leur avidité innée et désirs humbles (64:16 / 17, 79:40). Il ordonne aux riches d'explorer toutes les possibilités d'aider les pauvres, ouvertement ou secrètement (2:271 / 272, 2:274, 13:22), mais leur rappelle de limiter la charité à leurs moyens (2:195), et décourage la mendicité (2:273). Il déclare également que l'excellence morale (birr) ne peut être atteinte que par les dépenses (pour les autres) de ce qui importe à soi-même (2:177, 3:92).

Conclusion : À toutes fins pratiques, la Zakat institutionnelle n'est rien d'autre qu'une forme d'impôt foncier qui vient de ceux qui ont quelques biens et qui est donné aux pauvres sans distinction de religion, ou mis à la disposition des communautés. Elle n'englobe pas les exhortations répétées du Coran sur le partage des richesses avec la communauté, ce qui implique au moins une juste rémunération, des indemnités et compensations pour les biens et services (matières premières ainsi que travail domestique et industriel dans le contexte d'aujourd'hui). Dans de nombreux pays musulmans, la communauté commerciale paie le strict minimum pour les biens et et le travail, souvent en formant un cartel, fait des profits excessifs, dépense sans compter, convertit le surplus dans des actifs imputables non-Zakat comme la terre, les véhicules, les bijoux et puis verse le prescrit 2.5 % Zakat sur les espèces en caisse et l'or. De même, il est versé aux domestiques engagés dans de nombreux foyers musulmans à de très bas salaires le Zakat qu'ils auraient du recevoir dans le cadre de leurs salaires. Quels ques soient les standards de référence, ces pratiques sous-estiment grossièrement l'accent coranique mis sur la Zakat et le partage des richesses. En conséquence les riches s'enrichissent et les pauvres s'appauvrissent et les pays musulmans sont poussés dans un bourbier toujours plus profond de pauvreté, duquel ils ne semblent pas pouvoir sortir.

Notes:

1.Sahih al-Bukhari, traduction anglaise par Mohsin Khan, New Delhi 1984 Vol.2, Acc. 545.

2.  Ibid., Vol.2, Acc. 94, 95A, 95B.

3.  Ibid., Vol.2. Acc. 526.

4.  Sahih al-Bukhari, Vol.2, Acc. 524; Vol.3, Acc. 513; Vol.4, Acc.232.

5. Ibid., Vol.1, Acc. 174; Vol.3, Acc. 551.

Muhammad Yunus, qui est diplômé en génie chimique de l'Indian Institute of Technology et cadre à la retraite, s'est engagé dans une étude approfondie du Coran depuis le début des années 90, en se concentrant sur l'essence de son message. Il est co-auteur des travaux exégétiques mentionnés, qui ont reçu l'approbation d'al-Azhar al-Sharif, au Caire en 2002 suite à leur restructuration et affinage. Ils ont été approuvés et authentifiés par le Dr Khaled Abou El Fadl de l'UCLA, et publiés par Amana Publications, Maryland, USA, 2009.

URL of English Article: http://www.newageislam.com/islamic-ideology/the-zakat-today-grossly-underplays-the-qur’anic-emphasis-on-zakat-and-wealth-sharing/d/5948

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