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French Section ( 6 Oct 2013, NewAgeIslam.Com)

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‬‪‪Réfutation de la Fatwa du Sheikh Yousuf Al-Abeeri Soutenant le Massacre Gratuit de Civils Innocents - Septième Partie

 

 

De Muhammad Yunus, New Age Islam

(Co-auteur avec Ashfaque Ullah Syed, Message Essentiel de l'Islam, Amana Publications, USA, 2009)

22 février 2013

La Fatwa rattache des thèmes divers et est donc divisée en deux parties facilement lisibles, qui sont réfutées l'une après l'autre comme suit.

1. Elle commence par l' « avis unanime » des savants qui est que « le soutien indirect au jihad est synonyme de la « prise de part directe au djihad», elle fait le lien avec une décision de l'Imam Ibn-e-Taimiya et en déduit que « Tout ce qui s'applique aux combattants sera également applicable aux civils riches et ingénieux d'une nation en guerre contre les musulmans ». Elle exploite l'argument davantage pour inclure également dans cette catégorie les « innocents et faibles (femmes, enfants et personnes âgées) - que nous appelons des civils dans les temps modernes ».

Réfutation 1 : La Fatwa se contente de répéter son thème apparaissant de manière récurrente dans les Parties 1, 5 et 6 (une douzaine de fois ou plus) et réfuté sur la base du du verset coranique 9:6 qui enjoint d'atteindre les non-combattants de l'ennemi en lieu sûr (Réfutation 8, ii., Partie 1)

2. La Fatwa se tourne ensuite vers les civils américains. Elle soutient que la représentation des américains ordinaires dans l'administration par le biais du processus électoral leur prête une voix collective dans la formulation des politiques stratégiques et elle ajoute que la réélection de George W. Bush pour un second terme « en dépit d'avoir pris connaissance au préalable des plans et politiques (militaires) » déclarés durant ses campagnes électorales démontre l'approbation par les civils américains de ses plans militaires et de « toutes ses politiques anti-islamiques et décisions de l'administration », et de ce fait, ils portent la responsabilité directe de la même chose. Avec cette déduction, elle en vient à sa troisième conclusion : « viser et attaquer les américains partout qu'ils se battent directement ou soutiennent la guerre du gouvernement en donnant leur accord verbal, est autorise par la Charia, (…) ce qui s'appliquera aussi à la majorité des américains ».

Réfutation 2 : la Fatwa ne parvient pas à reconnaître que l'élection présidentielle de l'Amérique est décidée par le collège électoral, et non par des votes populaires (nombre de suffrages exprimés), tandis que le candidat gagnant à la présidentielle reçoit à peine 30% du nombre total national des voix. Par conséquent, même théoriquement, l'ensemble de la population américaine ne peut être tenu pour responsable des décisions militaires de l'Amérique et des politiques apparemment anti-musulmanes et traité comme ennemi à tuer sans discernement. Le Coran témoigne que lors de la marche du Prophète vers la Mecque, Dieu a retenu les mains des marcheurs musulmans numériquement et militairement supérieurs, car cela pouvait mettre en danger la vie de ce petit groupe de Mecquois, qui s'était converti à l'Islam en secret et ne pouvait être distingué des païens, leur véritable ennemi (48:24-26). Par conséquent, toute attaque contre les américains, dont seulement un tiers peut être théoriquement identifié avec l'ennemi se trouve en flagrante contradiction avec le message coranique.

3. La Fatwa donne maintenant une tournure macabre à sa justification récurrente et incessante de tuer des civils innocents chez les infidèles lorsqu'ils ne peuvent pas être distingués des combattants tels quels pendant la capture de leurs forts et citadelles, et déclare, « les musulmans doivent les brûler, les empoisonner ou les laisser aux serpents, scorpions et autres insectes dangereux, même si il y a une possibilité que des personnes innocentes meurent ». Elle soutient ces mesures grotesques et macabres en citant un écrit faiblement rédigé par l'Imam Bukhari que « le Prophète a brûlé les palmiers dattiers de Bani Nadir » ainsi que le justifie le commentaire d'Ibn Hajar sur les activités destructrices dans le pays ennemi dans ce Hadith (Vol. 6, p.154, Fath al Bari). [I]

Réfutation 3 : le lien de la Fatwa fait entre brûler un palmier et les mesures meurtrières horribles pour les civils innocents est tout simplement intenable. Par ailleurs, le Coran se réfère uniquement à l'abattage de palmiers (59:5) qui marquait dans l'Arabie pré-islamique le lancement d'une attaque vraisemblablement destinée à sauver des vies civiles. Par conséquent, les affirmations qui précèdent sont réfutées. [L'historique de cet épisode est présenté dans le paragraphe 2.2 de la Réfutation de la Partie 3]

4. La Fatwa contre ensuite l'argument précédent [i] en s'appuyant sur l'Imam Auza'ee, Al Laith Abu Thur et (RA) par sa déclaration : « il (Hazrat Abu Bakr) dit que tout cela (combustion des dattiers, des maisons, etc ) ne devrait pas être fait » [ii]. Elle fait ensuite appel à l'interprétation d'al-Tabari pour considérer cette interdiction comme une stratégie générale de lutte contre le meurtre intentionnel de civils et la destruction de propriétés [iii], et cite le déploiement rapporté du Prophète de manjanique (Canon) à Taif de manière à les accepter (les destructions) comme une réalité de la guerre. La Fatwa affirme également qu'al-Tabari et autres oulémas attribuèrent l'interdiction d'Abou Bakr au fait de prévoir une éventuelle conquête, l'intégration de l'ennemi et le bénéfice potentiel de la préservation de leurs ressources humaines et matérielles [iv].

Réfutation 4 : sous-estimer l'interdiction expresse d'Abu Bakr [ii] par l'interprétation [iii]  et la rationalisation [iv] d'al-Tabari rend l'argument intenable - étant donné qu'Abu Bakr (573-634 CE) était un contemporain du Prophète, son compagnon le plus loyal et le premier calife de l'Islam et qu'al-Tabari (838-923 CE) est né plus de deux cents ans après sa mort.

5. Dans sa conclusion, la Fatwa se réfère à un Hadith [Abou Daoud] stipulant que le Prophète avait ordonné à Hazrat Usman d' « attaquer soudainement dans la matinée et de mettre le feu », et concluant que « brûler l'ennemi est l'une des stratégies de guerre du Saint Prophète (pssl) » [v]. Elle change ensuite d'avis et déclare à l'appui d'Al Quduma : « Pendant la guerre, ils ne seront pas brûlés. Si l'ennemi est conquis, il n'est pas légitime de les brûler » [VI], mais se contredit largement en affirmant qu' « Abu Bakr doit ordonner que les apostats soient tués par le feu » [vii] et, enfin, en poursuivant cette logique d'inversement, conclut : « l'illégitimité de la destruction par combustion n'est pas contestée » [viii]. Comme pour justifier son incertitude quant à l'utilisation d'arguments pour ou contre le fait de tuer et de brûler la vie et les propriétés de l'ennemi, elle cite un Hadith (Abou Dawoud et al-Bukhari) qui énonce qu' Hadhrat Hamza, en tant que commandant, prenait la route avec son équipe, et le Prophète lui demanda d'abord de « saisir tel ou tel homme et de le tuer en l'immolant » et plus tard, changea d'avis et n'ordonna que le meurtre et interdit toute brûlure, « parce que nul autre que Dieu ne peut immoler un pécheur » [ix].

Réfutation 5 : L'argument de la Fatwa pour et contre l'immolation, l'assassinat aléatoire, la destruction de la vie et les biens de l'ennemi de manière répétée et auto-contradictoire (V à IX ci-dessus) reflète une étude en circuit fermé qui ne peut mener un quelconque argument vers une conclusion logique. D'où la conclusion de la Fatwa qui se réfute elle-même.

Conclusion : Cette partie de la Fatwa, comme les deux dernières parties (5 et 6) s'appuie entièrement sur l'opinion des savants et quelques Hadiths très faiblement articulés et auto-contradictoires et ne cite pas un seul verset coranique pour l'étayer. En outre, chaque partie de ses arguments tentaculaires s'est avéré être intenable ou s'auto-contredisant. Par conséquent, cette septième partie de la Fatwa est réfutée. En outre, la référence au fait de brûler les palmiers dattiers de la tribu juive Banu Nadir basée sur des Hadiths (Imam al-Boukhari, Vol. 5, Acc. 365, 366, non expressément mentionnés dans la Fatwa), dénature grossièrement le témoignage coranique et l'une des revendications antérieures de la Fatwa (Partie 3, point 2.2 de la Réfutation) concernant l'abattage de certains palmiers dattiers par les Sahabas (59:5). Procéder à une déduction par analogie entre les incendies criminels et la commission d'actes horribles comme « les laisser aux serpents, scorpions et autres insectes dangereux » et son argument implacable pour justifier le meurtre de civils tels qu'enfants, femmes, personnes âgées, américains, reflète l'idéologie Kharijite qui justifie « le meurtre des enfants d'infidèles, leurs propres parents, et tous les non-musulmans du monde ». [1]. Ainsi, comme on le verra dans la conclusion de la Partie 6 de la Réfutation, les partisans de la Fatwa semblent propager secrètement l'idéologie Kharijite de la terreur au nom de l'idéologie salafiste, qui, par définition, fait partie intégrante de l'idéologie wahhabite puritaine,  préservationniste.

Remarque:

1.  Ghunit al-talebin, traduction en ourdou par Shahir Shams Barelwi, Arshad Brothers, New Delhi p.178-180. [Note 2, Part-6. Réfutation]        

Muhammad Yunus, qui est diplômé en génie chimique de l'Indian Institute of Technology et cadre à la retraite, s'est engagé dans une étude approfondie du Coran depuis le début des années 90, en se concentrant sur l'essence de son message. Il est co-auteur des travaux exégétiques mentionnés, qui ont reçu l'approbation d'al-Azhar al-Sharif, au Caire en 2002 suite à leur restructuration et affinage. Ils ont été approuvés et authentifiés par le Dr Khaled Abou El Fadl de l'UCLA, et publiés par Amana Publications, Maryland, USA, 2009.

URL of English Article:http://newageislam.com/islam,terrorism-and-jihad/muhammad-yunus,-new-age-islam/refutation-of-sheikh-yousuf-al-abeeri-s-fatwa-supporting-wanton-killing-of-innocent-civilians-–-part-7/d/10516

URL Sixième Partie : http://www.newageislam.com/french-section/muhammad-yunus,-new-age-islam/‪‪réfutation-de-la-fatwa-du-sheikh-yousuf-al-abeeri-soutenant-le-massacre-gratuit-de-civils-innocents---sixième-partie/d/13717

URL: http://www.newageislam.com/french-section/muhammad-yunus,-new-age-islam/‬‪‪réfutation-de-la-fatwa-du-sheikh-yousuf-al-abeeri-soutenant-le-massacre-gratuit-de-civils-innocents---septième-partie/d/13868

 

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