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Réfutation De La Fatwa Du Sheikh Youssef Al-Abeeri Apparaissant Sur Le Site Internet Taliban Afghan Nawa-e-Jihad Justifiant Ainsi Les Attaques Du 11 Septembre – Seconde Partie.‬

 

 

 

 

Réfutation De La Fatwa Du Sheikh Youssef Al-Abeeri Apparaissant Sur Le Site Internet Taliban Afghan Nawa-e-Jihad Et Soutenant Le Meurtre Délibéré D'innocents Civils Et Justifiant Ainsi Les Attaques Du 11 Septembre – Seconde Partie

 

Par Mohammad Yunus, New Age Islam

Co-auteur (En collaboration avec Ashfaque Ullah Syed), le message essentiel de l'Islam, Amana Publications, USA, 2009

16 Décembre 2012

 

Cette réfutation récurrente est faite dans le prolongement de la première partie de la convaincante réfutation de la Fatwa postée le 5 Décembre.

 

Contexte

 

Comme dans la première partie, la Fatwa d'Al-Abeeri utilise la méthodologie juridique ordinaire qui consiste à citer un verset du Coran directement ou indirectement apparenté, générique voire même sans rapport, puis de lister les avis de différents spécialistes/théologiens (oulémas/imams) pour relier le verset cité avec le thème de la Fatwa par le biais d'une méthode scolastique de déduction.

 

La première partie a cité les versets de la Sourate Al Baqara 2:194 (une fois), al-Nahl 16:126 (quatre fois) et les passages 16:126-128 42:39-42 sur des données équivalentes des mesures défensives ou punitives en temps de guerre comme le noyau de ses arguments. Cette partie reprend les versets 2:194 et 16:126 reproduits ci-dessous et ajoute un verset sans rapport et issu de la Sourate Al Isra – 17:15 et s'en sert comme le fondement de ses arguments:

 

"Le mois sacré est pour le mois sacré, et pour les choses interdites, il y a la loi sur l'égalité (qisas). Ainsi, quiconque viole l'interdiction contre vous, vous la violez également contre lui. Et craignez Allah, et sachez qu'Allah est avec les   Al-Muttaqun»(Al Baqra: 194).

"Et si vous punissez (votre ennemi, Ô vous les croyants en l'unicité d'Allah), alors infligez une punition égale au tort qu'il vous a fait. Mais si vous endurez patiemment, en vérité, c'est certes mieux pour As-Sabirin (les endurants, etc.)(16:126).

 

« Et nul ne portera le fardeau d'autrui ». (17:15)

 

Les réfutations suivantes concernant le verset 16:126 ont déjà été établies dans la première partie de la Réfutation:

 

i) Le point 4 «L'accent mis sur le fait d'endurer patiemment une souffrance dans Al-Nahl 16:126-128 indique qu'il faut répondre de manière docile à l'oppression, éviter la réponse excessive,

ii) Le point 5 considère les arguments pour transformer les «circonstances générales et le contexte de la révélation» du verset 16:126 en "spécifique pour des circonstances particulières" comme indéfendables,

iii) Le point 6 établit qu'«en dépit de tout effort d'imagination, le passage 16:126-127 ne soutient pas la Fatwa»,

iv) Le point 7 soulève l'incohérence du lien effectué entre le verset 16:126 et l'intention rapportée du Prophète de prendre revanche de manière équivalente par rapport à la mutilation des corps et de relier cette dernière à l'interdiction ultérieure de cette coutume barbare après que la révélation ait eu lieu. 

 

Par souci de clarté, comme dans la première partie, cette seconde partie comprend différents composants faciles à lire et chaque composant est réfuté un à un.

 

Vérités fondamentales et termes de référence.

 

Comme dans le discours réfutant la première partie de la Fatwa, cette partie est analysée à la lumière d'un certain nombre de points fondamentaux et irréfutables illustrés dans la première partie et sommairement listés ci-dessous :

 

I.  Le Coran et le Coran seul est l'autorité finale pour soutenir une Fatwa qui pourrait être contraignante pour la communauté pour toujours. 

 

II. La validité de toutes les «Fatwas» passées est subordonnée à leur compatibilité avec le message coranique.  

 

III. Les «Fatwas» et rapports cités aujourd'hui ont inévitablement été déformés, falsifiés, fait l'objet d'une erreur d'impression ou de transmission.

 

IV. La théorie classique de l'ijma (consensus des savants) n'a pas été reconnue pleinement, même au cours de sa période de formation. En raison de son caractère purement théorique et peut-être par manque de certaines machinations réalisables, l'ijma ne pouvait pas être utilisée pour réformer la société musulmane [1]  

 

 V. Tout récit ou déclaration dans les discours théologiques secondaires de l'Islam qui sont en conflit avec la lettre et l'esprit du Coran doivent être considérés comme spécifiques à un contexte/une ère, falsifiés ou inventés. 

 

VI. Le Coran exige l'utilisation de la raison ('aql), la réflexion (fikr), la pensée logique (fiqh), ainsi que la consultation mutuelle tant que le consensus ne conduit pas à de graves péchés et des abominations comme une injustice flagrante envers les faibles (42 : 37/38). L'esprit de défense de la justice universelle est renforcée par la catégorisation de la justice par le Coran comme harrama ou comme une instruction obligatoire (6:152) qui doit être maintenue à juste titre (4:58), même si un problème 'vous' touche (soi-même), touche vos parents ou proches, les riches, les pauvres (4:135) ou ceux pour qui vous éprouvez de la haine (5:8).

VII. Le Coran a aboli la notion de punition collective et arbitraire - tuer une personne (un homme, une femme ou un esclave) d'une tribu pour se venger du meurtre d'un membre analogue par quelqu'un de cette tribu (2:178).

 

VIII. Les spécialistes conviennent que le travail d'Ibn Hisham, compilé près de deux cents ans après la mort du Prophète, et qui avec le temps est devenu la source primaire sur la vie du Prophète ne peut pas être traité comme un document historique authentique - au mieux, il s'agit d'une histoire embellie. [1]

 

IX. Même d'un point de vue purement laïque, le Coran ayant été récité par bribes et morceaux, enregistré et mémorisé au même moment historiquement parlant « constitue une base solide et d'une certaine authenticité» [2]. 

 

Examen point par point et réfutation de la Fatwa.

 

1.  Ayant conclu la première partie avec des versets du Coran invitant à la modération, la seconde partie commence par une déclaration qui se contredit : «Ainsi, le verset démontre que pratiquer la Maslah (mutilation des cadavres) est tabou, mais quand il est question de se venger, cette interdiction s'annule bien que le verset soit par nature de portée générale ».

 

Réfutation. D'un côté, la Fatwa concède que la mutilation des cadavres ennemis (comme cela a été le cas pour certains martyrs musulmans sur le champ de bataille d'Uhud) est tabou, mais elle la valide aussi sur la base du verset coranique cité (16: 126) tout en admettant que «le verset est par nature de portée générale ».  L'argument présenté est donc simplement inversé – citer un verset appelant à la retenue pour soutenir une vengeance équivalente de mutilation des cadavres.

 

2. Elle énonce ensuite les citations suivantes (i, ii, iii), les deux premières issues d'Ibn-e-Taymiyya (1263-1328) légitimant la mutilation des cadavres et la troisième issue d'un hadith.

i) «Comme les musulmans ont le pouvoir discrétionnaire de ne pas y avoir recours (mutilation) étant donné qu'endurer patiemment est préférable pour eux, ils peuvent y recourir pour inviter les infidèles à l'imaan (la foi) et les éloigner de l'agressivité ».

 

ii) «Bien que Maslah (mutilation des cadavres) ait été interdit, Dieu l'a déclaré mubah (discrétion) pour les musulmans qui recourent à la mutilation des infidèles dans le cas où ils ont eu recours à la mutilation à leur encontre sur la base de la sourate Al-Nahl - 16: 126 (le verset déjà cité quatre fois dans les points 4, 5, 6 et 7 de la première partie, comme brièvement examiné ci-dessus).

iii) Une coutume [de Masnad Ahmad dans le hadith de Simrah bin Jundab et Imran bin Hiseen] est cependant citée et dans laquelle le Prophète interdit la mutilation des cadavres.

 

Réfutation: Comme dans les points 4, 5, 6 et 7 de la première partie, le verset Surah al-Nahl sur la retenue est cité pour justifier la mutilation des cadavres en représailles équivalentes et le Prophète est cité comme l'interdisant. Le thème n'a toutefois pas de rapport avec la Fatwa, mais apporte constamment une image barbare des mutilations dans l'esprit du lecteur en association avec un verset coranique sur la modération et l'interdiction rapportée du Prophète de cette coutume qui aurait été pratiquée par quelques femmes de l'armée victorieuse Quraysh sur le champ de bataille d'Uhud (624).

 

3. La Fatwa discute ensuite la meilleure méthode pour tuer l'ennemi pour définir si tuer un infidèle en le frappant deux fois est une transgression au cas où l'infidèle n'aurait frappé qu'une seule fois.

 

Réfutation : Ces questions sont apparues comme d'importance pour les factions terroristes de l'Islam originel (notamment les kharajites) et démontrer le littéralisme pinailleur de leur idéologie brutale. Mais les kharajites ont été expulsés du cadre de l'Islam, comme leur nom l'indique - kharajite signifie ceux qui sont sortis de la communauté. Leur idéologie n'a jamais fait partie de l'Islam et est anti-islamique aujourd'hui.  

  

4. Le meurtre vengeur de femmes et d'enfants innocents est en conflit avec la déclaration du Coran: « Et nul ne portera le fardeau d'autrui ». (17:15). La Fatwa remet en question la raison d'être du Coran avec cette déclaration: «Alors, ce point de vue est erroné ». Elle fonde sa réfutation du texte coranique en suggérant que le Prophète a combattu les guerriers de Quraysh bien que le traité n'ait été violé que par certains membres particuliers de la tribu. En utilisant cette analogie, la Fatwa conclut: «si l'ennemi tue des femmes et des enfants parmi les musulmans, il est justifié de tuer des femmes et des enfants de l'ennem ».

 

Réfutation. L'argument est trompeur car il remet en cause la validité d'une déclaration coranique clé (« Et nul ne portera le fardeau d'autrui ») qui est répétée plusieurs fois dans le Coran.

 

5. L'auteur s'interroge également sur la décision du Prophète de combattre la tribu Quraysh bien que le traité de paix ait été violé par certains individus spécifiques - Bani Bakar bin Wayl ou les sardars de Quraysh, et ​​non pas toute la tribu.

 

Réfutation. L'auteur de la Fatwa conduit une guerre en se fondant sur une base humaine individuelle. Cela était pertinent à l'époque pré-islamique lorsque la vengeance était personnelle. Avec la formation d'une communauté intégrée à Médine - une communauté  comprenant toutes les tribus indigènes sans prendre en compte leur religion – cette vengeance personnelle a été écartée. Cet argument n'a aucun rapport avec le thème.  

 

6. La Fatwa se réfère ensuite au massacre présumé d'environ 700 juifs comme indiqué dans la biographie embellie d'Ibn Hisham [2] et considéré comme authentique par les théologiens/historiens musulmans pour des raisons politiques et émotionnelles. Elle fait valoir que, puisque le Prophète pouvait punir toute la communauté suite à la décision de ses aînés et de l'argent regroupé par une famille pour payer la rançon d'un tueur, une communauté de personnes devait partager la punition des crimes commis par ses dirigeants. Elle évoque ensuite la coutume tribale pré-islamique mettant à mort un membre désigné de la communauté dans le but d'infliger à cette dernière une revanche punitive  comme symbole de la responsabilité collective de la communauté. La Fatwa cite ensuite les versets suivants du Coran pour étayer son hypothèse proposant/infligeant une punition collective pour les crimes commis par quelques-uns.

 

« Et craignez une calamité qui n'affligera pas exclusivement les injustes d'entre vous. Et sachez qu'Allah est dur en punition ».(Al Anfal-8:25)

 

« Et quand Nous voulons détruire une cité, Nous ordonnons à ses gens opulents [d'obéir à Nos prescriptions], mais (au contraire) ils se livrent à la perversité. Alors la Parole prononcée contre elle se réalise, et Nous la détruisons entièrement ».(Al Isra-17:16)

 

Réfutation: La Fatwa ne parvient pas à reconnaître que si Dieu peut envoyer une catastrophe à toute une communauté pour une raison quelconque, les êtres humains ne doivent pas agir comme Dieu. Ils ne peuvent pas laisser tomber une bombe atomique sur un voisin hostile pour le punir de la manière dont Dieu envoie les ouragans, les tremblements de terre, tsunamis et autres calamités sur de larges groupes humains. Dieu ne partage pas de frontière commune avec les humains et c'est pourquoi remplacer Dieu par l'homme dans les versets du Coran n'est pas défendable et représente une déformation du message coranique.  

 

7. La Fatwa évoque l'imam Qurtubi (1214-1273), un célèbre mufassir , mouhaddith et   faqih de Cordoue (Espagne) en théorie pour se donner une crédibilité théologique - mais elle ne cite de lui que deux versets du Coran 16: 126 déjà cités (dans les points 4, 5, 6 et 7 de la première partie et 2.ii de la seconde partie), et Al-Baqara-194 (cité plus tôt dans le point 3 de la première partie). Elle cite ensuite un incident conjugal anodin de la vie du Prophète: «Le Saint Prophète (Que la paix soit sur lui) a conservé la coupe qui a été brisée par Hadhrat Aiyesha (RA) et a renvoyé une tasse intacte en disant qu'«une tasse pour une tasse et de la nourriture pour de la nourriture». De ces trois illustrations sans lien entre elles, il en vient à conclure que le tueur sera tué de la même manière ou avec le même instrument qu'il a utilisé pour tuer sa victime, à moins qu'il n'ait commis le meurtre d'une façon immorale par exemple à travers la sodomie, puis poursuit en décrivant les détails graphiques de ces actes immoraux et les descriptions barbares de châtiments tels qu'enfoncer un manche en bois par l'anus jusqu'à ce que l'ennemi soit tué - les détails graphiques sont trop révoltants pour les citer.

 

Résumé

 

Ayant largement consacré la première partie au thème de la mutilation des cadavres dans le champ de bataille auquel certaines femmes Quraish (ennemis du Prophète) avaient eu recours à l'encontre des martyrs musulmans, la seconde partie continue d'insister sur ce thème probablement pour nourrir l'esprit du lecteur d'images barbares de mutilation côte-à-côte avec l'énoncé de versets coraniques sans rapport et l'interdiction du Prophète de pratiquer cette coutume pré-islamique, créant ainsi une inter-association qui crée la répétition. Autrement dit, un lecteur occasionnel, fanatique ou peu critique peut incorporer du sadisme dans ses pensées religieuses comme un prélude pour commettre des actes aveugles de terrorisme.  

 

La seconde partie de la Fatwa ne propose aucun argument nouveau par rapport à sa première partie tandis que chacun de ses nouveaux composants ou déclarations tels que présentés ci-dessus est ainsi incontestablement réfuté. Un verset de la sourate al Isra « Et nul ne portera le fardeau d'autrui ». (17:15) qu'elle cite, ne fait qu'affaiblir ses arguments pour infliger une quelconque peine aux innocents, pendant que deux versets relatifs au plan divin de soumettre les humains aux calamités sont cités comme une cause illicite pour l'homme de suivre l'exemple divin.

 

URL of English article:  https://www.newageislam.com/islamterrorism-jihad/refutation-sheikh-yousuf-al-abeeri-part-2/d/9708

 

 

URL :https://newageislam.com/french-section/réfutation-de-la-fatwa-du/d/13064

 

 

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